Déclaration de revenus
Formulaire 2042 ou 2042 C PRO : lequel remplir selon votre situation 2026
Article 170 CGI : choisir entre 2042, 2042 C, 2042 C PRO et annexes (2044, 2047, 2048, 2074, 2086) selon votre situation pour la campagne de déclaration des revenus 2026.
Le formulaire 2042 reste la déclaration principale, mais nombre de contribuables ignorent quand basculer sur le 2042 C, le 2042 C PRO ou les annexes spécialisées. Choisir le bon imprimé conditionne la déductibilité des charges, l’application du PFU et l’accès aux réductions d’impôt. Décryptage par Claire Lefebvre.
Le formulaire 2042 : la colonne vertébrale de la déclaration
L’obligation de déclarer ses revenus repose sur l’article 170 du Code général des impôts, qui impose à toute personne fiscalement domiciliée en France de transmettre une déclaration détaillée de ses revenus, charges de famille et autres éléments servant au calcul de l’impôt. Le support de cette obligation est, par défaut, le formulaire 2042, dit aussi déclaration des revenus, qui couvre l’immense majorité des situations fiscales des particuliers.
Le 2042 se découpe en plusieurs blocs : état civil et situation de famille, traitements et salaires (cases 1AJ à 1DP), pensions et retraites (cases 1AS à 1DT), revenus de capitaux mobiliers (cases 2DC à 2OP), revenus fonciers au micro-foncier (case 4BE) ou au réel (case 4BA renseignée à partir de l’annexe 2044), plus-values déjà déclarées par le notaire (case 3VZ pour le revenu fiscal de référence). Le préremplissage est effectué par la DGFiP à partir des données transmises par les tiers déclarants au titre de l’année précédente.
L’article 1649 quater B quinquies du CGI impose la télédéclaration dès lors que le contribuable dispose d’un accès Internet à son domicile principal, ce qui couvre la quasi-totalité des foyers français : la version papier du 2042 reste téléchargeable sur impots.gouv.fr mais n’est plus que résiduelle. Pour le calendrier précis de dépôt, voir notre dossier déclaration des revenus 2026 : calendrier et dates limites.
Le formulaire 2042 C : les réductions et crédits d’impôt non préremplis
Le formulaire 2042 C complète le 2042 principal pour déclarer les avantages fiscaux qui ne peuvent pas être préremplis automatiquement, faute de tiers déclarant. Il se subdivise en plusieurs sections logiques. La section consacrée aux réductions d’impôt accueille les dons aux associations (case 7UF pour les organismes d’intérêt général, case 7UD pour ceux d’aide aux personnes en difficulté), les souscriptions au capital de PME, les versements en FCPI et FIP, les souscriptions SOFICA, ainsi que les investissements outre-mer.
La section des crédits d’impôt regroupe les frais de garde d’enfants de moins de six ans (case 7GA), les services à la personne payés par CESU (case 7DB), les primes d’assurance pour rente survie ou contrat handicap (case 7GZ), les cotisations syndicales (case 7AC) et le crédit d’impôt en faveur de l’aide aux personnes. Les charges déductibles du revenu global y figurent également : versements PER déductibles, prestations compensatoires en capital, pensions alimentaires versées à un enfant ou à un parent (cases 6GI à 6GP).
Depuis 2018, la DGFiP propose une version simplifiée nommée 2042 RICI (Réductions d’Impôt et Crédits d’Impôt), strictement équivalente au 2042 C sur ce volet mais sans les charges déductibles. La télédéclaration ne distingue pas matériellement les deux : l’interface affiche dynamiquement les sections selon les cases cochées en page d’accueil. Pour un panorama opérationnel, voir notre dossier réductions et crédits d’impôt : panorama 2026 et le rappel synthétique sur la fiche Réductions et crédits d’impôt de service-public.fr.
Le formulaire 2042 C PRO : les revenus professionnels non salariés
Le formulaire 2042 C PRO est l’annexe obligatoire des contribuables qui perçoivent des revenus professionnels non salariés relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices agricoles (BA). Il s’adresse autant aux micro-entrepreneurs qu’aux exploitants individuels au régime réel, et il accompagne, le cas échéant, la liasse fiscale détaillée déposée par voie professionnelle (formulaires 2031 pour les BIC, 2035 pour les BNC, 2139 ou 2143 pour les BA).
Les loueurs en meublé non professionnel (LMNP) constituent la population la plus nombreuse à devoir compléter ce formulaire, qu’ils relèvent du micro-BIC de l’article 50-0 du CGI ou du régime réel sur option. Les cases sont ventilées selon la nature des locations : longue durée (5ND à 5OD), meublés de tourisme classés (5NJ à 5OJ), meublés de tourisme non classés depuis la loi de finances pour 2024 (5NN à 5ON), avec un découpage symétrique au réel pour les exploitations sous comptabilité d’engagement. Le détail de l’arbitrage régime est analysé dans notre guide LMNP 2026 : réel ou micro-BIC. Le franchissement des seuils déclenchant la bascule en LMP est traité dans notre analyse LMNP vers LMP.
Les auto-entrepreneurs déclarent leur chiffre d’affaires sur le 2042 C PRO selon qu’ils ont opté pour le versement libératoire (cases 5TA à 5VA) ou non (cases 5KO à 5MO selon la nature de l’activité). Les professions libérales au micro-BNC remplissent les cases 5HQ à 5JS. Les gérants majoritaires de SARL relevant de l’article 62 du CGI déclarent leur rémunération en cases 1GB à 1GD, lesquelles forment un cas particulier rattaché au 2042 C PRO malgré leur logique de traitement et salaire.
Les annexes spécialisées : 2044, 2047, 2048, 2074 et 2086
Au-delà des trois formulaires de base (2042, 2042 C, 2042 C PRO), plusieurs annexes spécialisées s’imposent selon les revenus du foyer. L’annexe 2044 détaille les revenus fonciers de location nue au régime réel mentionnés à l’article 14 du CGI : recettes brutes, charges déductibles, taxe foncière, intérêts d’emprunt, primes d’assurance, frais de gestion, travaux d’entretien. Une variante 2044 spéciale couvre les régimes dérogatoires (monuments historiques, secteur sauvegardé Malraux, dispositif Pinel des immeubles neufs). Les loueurs en deçà de 15 000 euros de recettes brutes bénéficient du micro-foncier prévu à l’article 32 du CGI, sans annexe à joindre, avec un abattement forfaitaire de 30 pour cent reporté directement case 4BE du 2042. L’arbitrage entre les deux régimes est exposé dans notre comparatif micro-foncier ou réel.
L’annexe 2047 recense les revenus de source étrangère perçus par un résident fiscal français : salaires d’une activité exercée hors de France et non rattachée à un employeur français, dividendes et intérêts d’établissements étrangers, plus-values mobilières réalisées à l’étranger, pensions servies par un organisme non français. Les revenus y sont ventilés par État source et reportés selon les modalités fixées par la convention fiscale bilatérale applicable (taux conventionnel, crédit d’impôt forfaitaire ou réel). L’annexe 2048 IMM est déjà déposée par le notaire dans les deux mois suivant la cession d’un bien immobilier, mais son montant doit être reporté case 3VZ du 2042 pour le calcul du revenu fiscal de référence : c’est un piège classique pour les vendeurs occasionnels.
Pour les plus-values mobilières, deux annexes coexistent. L’imprimé 2074 récapitule les plus-values et moins-values de cession de valeurs mobilières et titres de société non préremplis par l’établissement teneur du compte, notamment pour les comptes ouverts à l’étranger ou les cessions de parts non cotées. L’imprimé 2086 est exclusivement réservé aux cessions d’actifs numériques (cryptomonnaies) relevant de l’article 150 VH bis du CGI : un walkthrough complet est proposé dans notre guide du formulaire 2086. Pour les détenteurs de comptes-titres ou de PEA, l’arbitrage entre PFU et barème progressif est traité dans notre comparatif PFU et barème progressif.
Cas pratiques : associer le bon formulaire à votre situation 2026
La logique de ventilation des formulaires se résume en cinq profils types. Profil 1 : salarié sans patrimoine particulier. Seul le formulaire 2042 est requis, éventuellement complété du 2042 C pour des dons ponctuels, des frais de garde d’enfants ou des services à la personne. La télédéclaration prend moins de quinze minutes à l’utilisateur habitué.
Profil 2 : foyer avec bailleur nu. Le 2042 principal accueille les revenus fonciers au micro-foncier en case 4BE si les recettes brutes restent sous 15 000 euros. Au-delà, ou sur option pour le réel, l’annexe 2044 devient obligatoire et le résultat foncier est reporté case 4BA ou 4BC. Le déficit foncier éventuel répond aux règles spécifiques exposées dans notre dossier déficit foncier 10 700 euros.
Profil 3 : loueur en meublé non professionnel. Le 2042 C PRO devient indispensable, complété par la liasse 2031 et la 2033 en cas d’option pour le réel. Profil 4 : investisseur en valeurs mobilières et crypto. Le 2042 principal suffit pour les dividendes et intérêts préremplis, mais l’annexe 2074 est requise pour les plus-values non préremplies, et l’annexe 2086 pour les actifs numériques. Profil 5 : non-résident ou expatrié en cours d’année. Le 2042 NR remplace ou complète le 2042 selon les modalités exposées dans notre guide des non-résidents fiscaux.
Une typologie complète de ces situations est référencée par la documentation administrative sur bofip.impots.gouv.fr sous l’identifiant BOI-IR-DECLA-20-10-10, et la fiche Quels formulaires utiliser pour déclarer ses revenus de service-public.fr rappelle les correspondances de manière synthétique.
Conseils pratiques avant de signer la déclaration
Quatre vérifications avant la signature évitent la quasi-totalité des rectifications a posteriori. Premier point : cocher dès la page d’accueil de la télédéclaration les rubriques correspondant aux revenus et avantages du foyer. L’interface impots.gouv.fr active alors les annexes nécessaires et bloque les rubriques inutiles. Une rubrique non cochée masque ses cases et peut conduire à un oubli, alors qu’une rubrique cochée à tort se laisse retirer sans difficulté.
Deuxième point : comparer le préremplissage aux bulletins de paie et relevés bancaires. Les écarts sur les salaires résultent souvent d’un changement d’employeur en cours d’année, ceux sur les revenus de capitaux mobiliers d’un transfert de compte-titres ou d’un PEA depuis un établissement non encore intégré au flux DGFiP. Troisième point : valider l’option de fiscalité (PFU ou barème) en case 2OP avant signature, après simulation chiffrée par l’interface qui restitue l’impôt comparé dans les deux configurations. La cohérence avec les autres revenus du foyer (taux marginal, abattements, déductions PER) conditionne l’arbitrage.
Quatrième point : vérifier la présence des annexes obligatoires en cas de revenus fonciers réels (2044), de revenus étrangers (2047), de cession immobilière de l’année (2048 reportée case 3VZ), de plus-values mobilières non préremplies (2074), de cessions de cryptomonnaies (2086). Une annexe oubliée est sanctionnée par les majorations habituelles de l’article 1758 A du CGI, analysées dans notre dossier déclaration tardive et majorations. L’ensemble de la rubrique déclaration revenus centralise les bonnes pratiques applicables à la campagne 2026, et la documentation économique d’ensemble est publiée sur economie.gouv.fr.
Questions fréquentes
- Quelle différence entre le formulaire 2042 et le 2042 C en 2026 ?
- Le formulaire 2042 constitue la déclaration de revenus principale prévue à l'article 170 du Code général des impôts : il rassemble les éléments fondamentaux du foyer fiscal, les salaires et pensions préremplis, les revenus de capitaux mobiliers transmis par les établissements bancaires, ainsi que les principales charges du foyer et la situation de famille. Le formulaire 2042 C (parfois nommé 2042 RICI dans sa version Réductions et Crédits d'Impôt) sert d'annexe complémentaire pour les réductions et crédits d'impôt non préremplis : dons aux associations, frais de garde d'enfants, services à la personne via CESU, primes d'assurance Madelin, souscriptions FCPI et FIP. Tous les contribuables remplissent le 2042 ; seuls ceux qui revendiquent des avantages fiscaux spécifiques non préremplis joignent le 2042 C. En télédéclaration, l'interface impots.gouv.fr active automatiquement les rubriques utiles selon les cases cochées.
- Dans quels cas faut-il joindre le formulaire 2042 C PRO en 2026 ?
- Le formulaire 2042 C PRO doit accompagner la déclaration principale dès lors que le contribuable perçoit des revenus professionnels non salariés relevant des catégories BIC, BNC ou BA. Sont notamment concernés les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) déclarant en micro-BIC ou au réel, les auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs sous le régime du versement libératoire ou du micro-fiscal de droit commun, les gérants majoritaires de SARL relevant de l'article 62 du CGI, les exploitants agricoles au micro-BA, ainsi que les travailleurs indépendants exerçant en réel simplifié ou en réel normal. Les cases du 2042 C PRO se ventilent par activité (vente, prestation de services, profession libérale) et par régime fiscal (micro ou réel). Le 2042 C PRO ne couvre pas les revenus de location nue, qui basculent sur le formulaire 2042 cases foncières et, au régime réel, sur l'annexe 2044.
- Quelles annexes accompagnent la déclaration en 2026 et quand sont-elles obligatoires ?
- Cinq annexes principales complètent la déclaration selon les situations rencontrées par le foyer fiscal au cours de l'année. L'imprimé 2044 détaille les revenus fonciers au régime réel (location nue), avec un volet 2044 spéciale pour les régimes spécifiques (monuments historiques, secteur sauvegardé, dispositif Pinel). L'imprimé 2047 récapitule les revenus de source étrangère encaissés par un résident fiscal français : salaires expatriés, dividendes, intérêts, plus-values mobilières et immobilières. L'imprimé 2048 IMM, déjà déposé par le notaire lors d'une cession immobilière, doit être reporté case 3VZ pour le calcul du revenu fiscal de référence et du plafonnement des niches. L'imprimé 2074 récapitule les plus-values et moins-values mobilières (titres de société, parts d'OPCVM) lorsque le contribuable ne se contente pas du PFU préremplis par l'établissement teneur du compte. L'imprimé 2086 enfin sert exclusivement aux cessions d'actifs numériques (cryptomonnaies) imposées à l'article 150 VH bis du CGI.
- Comment se ventilent les cases pour un foyer mixte salarié et LMNP en 2026 ?
- Un foyer combinant des salaires et une activité de loueur en meublé non professionnel remplit en parallèle deux ensembles cohérents. Sur le formulaire 2042 principal : cases 1AJ à 1DP pour les salaires préremplis par l'employeur, cases 1AP à 1DP pour les pensions, cases 2DC à 2OP pour les revenus de capitaux mobiliers, case 2OP cochée pour opter le cas échéant pour le barème progressif à la place du PFU. Sur le formulaire 2042 C PRO : cases 5ND à 5OD pour les recettes meublées au micro-BIC longue durée, cases 5NJ à 5OJ pour les meublés de tourisme classés, cases 5NA à 5OA pour le régime réel. Si l'option réel est exercée, l'annexe 2031 et la liasse 2033 viennent compléter le dossier. La cohérence entre les chiffres reportés et la comptabilité tenue par l'expert-comptable est vérifiée par l'administration.
- Faut-il déclarer le 2042 NR si l'on devient non-résident en cours d'année 2026 ?
- Le formulaire 2042 NR concerne uniquement les contribuables non-résidents fiscalement au sens de l'article 4 B du CGI durant l'année entière. En cas de changement de domiciliation au cours de l'année (départ à l'étranger ou retour en France), le contribuable dépose une déclaration 2042 classique au titre de la fraction de l'année où il était résident fiscal français, et une déclaration 2042 NR au titre de la fraction non-résidente. Les deux périodes sont ventilées par date d'événement précisée sur la première page du 2042. La case 8TM permet d'indiquer la date exacte de transfert du domicile fiscal. Les revenus de source française perçus en période non-résidente (loyers, salaires d'une activité exercée en France, plus-values immobilières françaises) restent imposables en France, généralement avec un taux minimum de 20 ou 30 pour cent selon la tranche, sous réserve des conventions fiscales bilatérales.
Articles du CGI référencés
- Article 170 CGI (obligation de déclaration)
- Article 1649 quater B quinquies CGI (télédéclaration)
- Article 50-0 CGI (micro-BIC)
- Article 32 CGI (régime micro-foncier)
- Article 14 CGI (revenus fonciers)
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